Cosmos

 
 

Cosmos est un spectacle basé sur deux actions concomitantes :

Raconter des cosmologies, des naissances du monde, puisées dans les traditions amérindiennes, africaines, grecques antiques et réaliser durant le spectacle, un plat à partir des ingrédients bruts et le partager avec les spectateurs à la fin du spectacle.


Au début du spectacle, avant la création du monde, le plateau est vide. Débarquent quatre personnes avec les matériaux permettant l’installation d’une cuisine roulante et les légumes et autres produits de la saison et de la région, achetés le matin au marché.

Les protagonistes commencent à construire une machine à cuisiner opérationnelle et à raconter des histoires.


La création du monde, dans les cosmologies africaines, naît du chaudron originel. Les histoires se racontent en faisant la cuisine. Notre périple narratif va commencer en Afrique, les récits commencent et dans le même temps, dans une grande poêle à paella, les comédiens font chauffer l’huile, après avoir épluché et coupé des oignons et d’autres légumes, ils font revenir les oignons dans l’huile. Ensuite il faut rôtir les différents légumes, ajouter le riz. Faire revenir le tout pendant cinq minutes. Déglacer avec du vin, puis ajouter le bouillon fait d’épice et d’eau. Laisser cuire à petit feu une demi-heure en veillant à ce qu’il y ait assez de liquide. Au dernier moment produire une plus forte chaleur pour caraméliser. Servie après avoir goûté pour vérifier l’assaisonnement.


Toutes ces actions d’assembler, monter, couper, éplucher, rôtir, touiller, goûter et servir sont accompagnées par des sons, bruitages et musiques joués en direct par le musicien, les comédiens et toutes ces actions produisent une chorégraphie, un théâtre d’objet, un plaisir virtuel et musical.


Les acteurs et les spectateurs partageront le riz et, comme dans tous les repas de famille, nous finirons par une discussion sur l’état du monde avec ceux qui auront envie d’intervenir.

 

Résumé de l’histoire

Le point de vue… du dramaturge

Un spectacle théâtral conçu comme un voyage, voilà qui n'est pas banal. D'autant que l'excursion se déguste non seulement à travers l'espace, mais aussi à travers le temps. Comme un panorama exploré sous moult éclairages par trois personnages et un musicien réunis sur scène.


Impossible de résumer l'intrigue; elle est éclatée dans une succession de tableaux drôles, didactiques, sensibles, remplie de changements de rythmes et de contextes. Les protagonistes de «Cosmos» ne vont nulle part, et pourtant ils entraînent les spectateurs vers l'exploration de nourritures spirituelles et ludiques où les émotions, les images, les souvenirs, se rassemblent en fables universelles, conteries impudiques, anecdotes stellaires.


S'y entremêlent - au milieu de sonorités électroniques ou acoustiques, d'ambiances ou d'effets plein d'humour - quelques visions de la création du monde telles qu'imaginées par les civilisations orientales, occidentales, africaines, amérindiennes, etc. Cela, du big bang jusqu'à la première rencontre charnelle entre l'homme et la femme. Avec, au milieu, quelques surprises à découvrir dans la pénombre, pour des plaisirs tous azimuts.


Hervé Lochmatter

Intentions du Metteur en scène

Je m’inscris dans un courant théâtral qui peut être qualifié de postdramatique, dans lequel la codification théâtrale introduisant la séparation acteurs et spectateurs est moins formelle. J’utilise le texte dramatique comme un matériau de construction du spectacle, qui peut être totalement respecté comme dans le spectacle Soirée bourgeoise, ou être presque inexistant dans P’tit et Gros, ou encore dans Cosmos, où il ne s’agira pas d’un collage d’histoire mais d’une réécriture contemporaine réalisée par un dramaturge, partant de récits, de matériaux puisés dans les cosmologies des amérindiens, des africains, des grecs de l’antiquité. Cette réécriture sera en synergie avec la construction du spectacle et des changements de textes pourront avoir lieu au cours des représentations.


De même, je travaille sur un déplacement de la perception théâtrale par rapport au théâtre dramatique, où le spectateur est appelé à rester à l’écoute du flux de la narration, pour l’orienter vers une expérience sensorielle, construite à partir de matériaux visuels, sonores, olfactifs et gustatifs.


Ce spectacle doit permettre d’abroger l’unité de temps, chère aux auteurs dramatiques, avec un commencement et une fin comme cadre clôturant la fiction théâtre, pour parvenir à une dimension du temps partagé entre le public et les acteurs, dans un processus ouvert. Pour reprendre Hans-Thies Lehmann, « le nouveau concept de temps partagé considère le temps structuré esthétiquement et le temps du réel vécu comme un seul et même gâteau réparti entre acteurs et spectateurs ».


Dans le même esprit, je ne construis pas mes spectacles d’un point de vue extérieur, mais je réalise mes mises en scène en y intégrant mon point de vue d’acteur et en le confrontant à la réalité du plateau.


Guy Delafontaine




Sion, Petithéâtre, octobre 2010, 8 représentations

Renens, théâtre.danse, novembre 2010, 8 représentations

La Neuveville, Caves de Berne, février 2011, 1 représentation


photos : Chab Lathion